Vous appréciez cet article ?
Vous êtes passionné de musique mécanique ?
Seul votre soutien financier actif nous permettra de poursuivre la publication de nos articles.
Adhérez à l'AAIMM en cliquant sur ce lien.

par Patrick MATHIS

♦ Article paru dans le n° 118 de la Revue Musiques Mécaniques Vivantes de l’AAIMM ♦

C’est au hasard de navigations sur internet que j’ai découvert le travail de Lieselot De Wilde. Cette artiste – chanteuse et musicienne- développe en ce moment un passionnant projet, en utilisant un orgue de barbarie 27T Odin à anches : «AUTOUR DU MONDE EN 72 CHANSONS». Celui-ci est présenté sur sa chaine Youtube, chaque chanson faisant l’objet d’une captation soignée, dans un décor à chaque fois différent.


 

Retrouvez Lieselot De Wilde sur son site web ou sur sa chaîne YouTube

Présentation du projet, par Lieselot :

Avec ce projet, je souhaite découvrir et partager avec vous des chansons du monde entier. Je vous les chanterai dans une série de vidéos, et je m’accompagnerai de mon
orgue de Barbarie.

Je suivrai Nellie Bly, une journaliste qui, en 1889/90, fut la première détentrice du record de tour du monde, en 72 jours. Je suivrai son itinéraire, et je l’emmènerai dans mon voyage, vers des pays qu’elle n’a pas eu l’occasion de visiter, vers des découvertes qu’elle n’a pas faites.

La mission spéciale du projet est de promouvoir les chanteuses et les auteurs-compositrices moins -ou pas- connues, et les chansons qui contribuent à enrichir l’histoire des femmes à travers les âges. Qui est la Maria Callas du Cameroun ou l’Edith Piaf de la Roumanie? Qu’est-ce qu’un Cantigas de amigo portugais? Comment les femmes africaines se débrouillaient en Argentine au XIXe siècle?

Quelle est l’origine du projet?

J’ai un intérêt musical et artistique très éclectique. Dans mes projets, je cherche toujours comment je peux lier des différents langages musicaux. Un orgue de barbarie est un instrument très lié à la musique de rue, aux artistes de cirque, à l’art folklorique. Ca m’intéressait d’introduire cet instrument dans un contexte plus raffiné, plus artistique. Après quelques expériences, j’ai trouvé un concept, qui est devenu Around the world in 72 songs.

Le lien avec les chansons traditionnelles est encore là, mais les arrangements, les endroits où les vidéos sont filmées, ma voix -qui est une voix lyrique- et les animations «stop motion» informatives donnent une autre couleur, peut-être même une autre valeur à la musique. L’histoire de la journaliste américaine Nellie Bly, qui était la première personne à effectuer un tour du monde en 72 jours en 1890, que je raconte lors de la série et qui m’a inspiré pour les 72 chansons est une manière de recadrer «la chanson» : peu importe d’où nous venons, de quelle époque, quelle est notre origine culturelle ou quelles sont ,nos croyances : nous chantons les mêmes choses.

Comment avez-vous découvert l’Orgue de Barbarie? Pourquoi le choix de cet instrument? Aviez-vous déjà une expérience avec cet instrument?

La rencontre avec cet instrument date de mon enfance. J’ai découvert l’orgue de barbarie grâce à la télévision hollandaise (bien que je sois effectivement belge !), où il y avait un programme éducatif pour les enfants que je regardais souvent. Les sujets informatifs alternaient avec des petits sketchs, des petites chansons plutôt comiques. Parmi ces sketchs il y en avait un qui revenait souvent, c’était un homme qui chantait une chanson avec un orgue de barbarie. Toujours la même chanson, mais avec un texte différent. Cette image est toujours restée dans ma tête car ce monsieur et cet instrument m’attiraient et m’effrayaient en même temps. Après, il m’a fallu encore 20 ans avant de finalement acheter cet instrument qui n’a jamais cessé de m’intriguer. J’ai développé entre-temps une préférence pour l’orgue à anches au lieu de l’orgue à flûtes, grâce à l’artisanat des Orgues Odin.

Ça n’a pas été trop frustrant 27 notes seulement? Comment avez-vous procédé pour les arrangements? Avez-vous utilisé un ordinateur pour l’écriture? Quelles difficultés avez-vous rencontrées? Comment s’est passée la relation avec les Orgues Odin?

C’est en effet un défi pour arranger ou composer pour 27 notes seulement. Mais en même temps ça réduit le stress du choix car, plus il y a de notes et de possibilités harmoniques, plus grand est le choix des chansons !

Je réalise le projet «Around the world in 72 songs» par petites séries de 6 ou 7 chansons. Je cherche d’abord un bon équilibre entre les chansons, afin qu’elles n’aient pas toutes le même caractère. Puis je fais une esquisse d’un arrangement au piano que je travaille ensuite en détail avec l’ordinateur. J’envoie les arrangements en fichier midi à Odin. Ils les transforment en carton avec une machine qui peut déchiffrer le fichier midi. La machine et moi n’avons pas encore toujours trouvé la manière la plus claire de communiquer, mais heureusement, il y a Odile Odin qui veille à ce que tout se passe bien !

Y- t-il un CD de prévu? Un spectacle? Avez-vous d’autres projets avec cet instrument?

Bien entendu, l’intention est de partir en tournée de concert avec ce projet. Maintenant, avec les restrictions dues à la pandémie, ce n’est pas possible pour le moment. Mais je travaille sur une version concert de ce projet avec Bel Ayre, mon ensemble avec le guitariste de jazz et compositeur Peter Verhelst. Je n’ai pas encore de projet de faire un disque de «Around the world in 72 songs», car toutes les chansons sont disponibles sur youtube et d’autres réseaux de médias sociaux. Je terminerai la deuxième série de ce projet en mars. D’ici là, je serai sur la chanson numéro 13. Il me reste donc encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir envisager un nouveau projet avec l’orgue !