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par André HUMBERT

♦ Article paru dans le n° 68 de la Revue Musiques Mécaniques Vivantes de l’AAIMM ♦

Le témoignage d’un ’roadies’ de festival, ou comment la musique mécanique peut devenir un sport complet.


 

(Ou la dure vie d’un docker)

Voilà déjà quelques années qu’elle l’a acheté son orgue. Un ODIN 27 touches à anches qui s’accorde plutôt bien, aux dires de ceux qui l’écoutent chanter, avec sa voix un peu gouailleuse. Il faut bien vous avouer que ce magnifique appareil musical a un énorme défaut : il ne fonctionne qu’avec des milliers de trous, ce qui serait fantastique si ceux-ci n’avaient pas la très mauvaise habitude de n’exister qu’entourés de tonnes de carton ! Eh oui ! Pour trimballer ces cartons il faut des bras ! Et moi, je suis ces bras !

On (elle et moi) n’avait pas trop osé jusque là s’aventurer dans le milieu et participer à des festivals. Faut dire qu’on avait une bonne mauvaise excuse qu’est le boulot, mais aujourd’hui ça ne tient plus … alors on s’est ‘’essayés’’.

L’an passé à Antibes c’était la première fois qu’ils tentaient l’organisation d’une telle manifestation, nous aussi, alors ça collait ! Un bon pote tourneur nous a tendu la perche et hop ! Le pied était dans l’étrier. Depuis nous sommes allés nous frotter au public des Gets et de Rolle (en Suisse). La voilà vedette internationale !

C’est elle qui chante, je me contente d’admirer et de relayer de temps en temps avec des morceaux de musique sans chanter. Je ne souhaite pas me mettre en mauvais termes avec les organisateurs qui subiraient les affres du ciel parce que j’aurais tenté le diable ! Il n’empêche que, bien que je me sois particulièrement bien tenu ces jours-là, le dimanche après midi aux Gets il nous en est tombé une douche carabinée sur la tête, en fait sur le chapiteau de la Guinguette, pendant qu’elle interprétait ‘’Lily Marleen’’ (en allemand siou plait ! Non mais ! Faut quand même pas exagérer !)

J’ai trouvé que c’est plutôt sympa comme ambiance ces festivals. On est y fort bien accueilli et bien ‘’soigné’’ comme on dit par chez nous où on ‘’soigne’’ surtout les bêtes ! Il me reste quelques souvenirs marquants, par exemple une redescente de restaurant en ‘’œufs’’ assez mémorable en compagnie de P.C. qui avait bien aimé le jus de treille proposé, ou le goût des vins suisses des coteaux du Léman sans oublier tous les petits détails joyeux qui font de ces journées des réussites.

La rue est un milieu vraiment très spécifique et il est particulièrement intéressant d’entrer en contact avec ‘’ceux qui passent’’. Nous avons eu la joie d’y vivre quelques rencontres qui resteront de merveilleux souvenirs. Un jeune couple dansant le tango en jeans et tennis sur les pavés, le partage de chansons très appréciées du public, une larme versée à l’écoute d’une chanson évocatrice d’une émotion puissante, les enfants émerveillés par ces curieuses machines qui font de la musique en tournant une manivelle, un regard, un clin d’œil, la prise en main de la manivelle pour un carton ….

Ces moments sont riches et c’est incroyable comme le temps passe vite dans ces conditions. Nous n’avons pas même trouvé la possibilité de nous intéresser à tous ceux qui comme nous jouaient autour de nous. C’est dire que j’ai beaucoup apprécié le concert de fin de journée dans la cour du château de Rolle où chacun a joué un air ou chanté une chanson devant un public chaleureux.

Dure la vie de ‘’docker’’ ? C’est ainsi qu’elle m’a baptisé ! Non ! à chaque fois prêt à repartir et à renouveler l’expérience.

Et à bientôt le plaisir de partager avec vous.